« Le 18 juin 1940, un homme rappelait que rien n'est perdu tant que demeure la volonté de se battre. Aujourd'hui, le champ de bataille est fait de logiciels, de données et de modèles. »
Et sur ce terrain, la France a presque tout délégué. Nous formons les Forces Françaises du Numérique pour bâtir une troisième voie : souveraine, ouverte, résiliente.
Le numérique est devenu une affaire de souveraineté. Nous ne la déléguerons plus.
Le 18 juin 1940, un homme rappelait à un pays défait que rien n'est perdu tant que demeure la volonté de se battre. Quatre-vingt-six ans plus tard, le champ de bataille a changé de nature : il est fait de logiciels, de données, de modèles et de câbles. Et sur ce terrain, la France a presque tout délégué.
Nos administrations, nos hôpitaux, nos écoles et nos entreprises dépendent aujourd'hui d'infrastructures que nous ne maîtrisons pas, de modèles que nous n'avons pas entraînés, de règles que nous n'avons pas écrites. Une part décisive de notre vie collective repose sur des fournisseurs que rien ne nous oblige à choisir, et que tout devrait nous pousser à interroger.
Ce n'est pas une fatalité technique. C'est une suite de renoncements : la facilité préférée à la maîtrise, le court terme préféré à la durée, l'abonnement préféré à la propriété. Chacun de ces renoncements peut être défait. Aucun n'est irréversible pour qui décide de bâtir.
Nous, ingénieures et ingénieurs, fondateurs, chercheuses, hébergeurs, agents publics et citoyens, formons les Forces Françaises du Numérique. Nous ne croyons ni au repli, qui nous appauvrirait, ni à la soumission, qui nous effacerait. Nous refusons de choisir entre une autarcie sans avenir et une dépendance sans fin.
Cette voie n'a rien d'une nouveauté. De Gaulle en donnera la formule la plus nette le 27 avril 1965, à propos de l'indépendance nationale et de la dissuasion :
« Notre indépendance exige (…) que nous ayons les moyens de dissuader nous-mêmes un éventuel agresseur, sans préjudice de nos alliances, mais sans que nos alliés tiennent notre destin dans leurs mains. »
« Notre indépendance exige que nous ayons les moyens de maîtriser nous-mêmes nos données, nos modèles d'IA, nos infrastructures et nos outils de travail quotidiens, sans préjudice de nos alliances, mais sans que nos alliés tiennent notre destin dans leurs mains. »
La phrase tient, mot pour mot. La souveraineté numérique n'est pas une lubie : c'est une doctrine éprouvée, appliquée au territoire de notre siècle.
Il existe une autre voie : bâtir en commun, en ouvert, des fondations que personne ne pourra nous retirer. Le logiciel libre, les communs numériques et l'ouverture ne sont pas une posture morale ; ce sont des armes de souveraineté. Ce qui est ouvert ne peut être confisqué. Ce qui est partagé ne peut être éteint d'une décision prise ailleurs, pour nous, sans nous.
Souveraineté numérique. Reprendre la décision sur les infrastructures, les données et les modèles dont dépendent l'État, les entreprises et les citoyens. Ce qui est vital ne se loue pas ailleurs.
Communs numériques ouverts. Bâtir les briques fondatrices (composants, logiciels, jeux de données) comme des communs ouverts, documentés, réutilisables. Ce qui est partagé ne peut être confisqué.
IA ouverte et responsable. Entraîner et diffuser des modèles transparents, auditables et frugaux, au service de l'intérêt général plutôt que d'une rente. L'ouverture est notre garantie.
Résilience. Concevoir des systèmes qui tiennent : redondants, réparables, sans point unique de défaillance. Aucune décision lointaine ne doit pouvoir éteindre un service essentiel.
Troisième voie numérique. Ni vassalité, ni repli : une voie française et européenne, ouverte par conception, souveraine par construction, partagée par conviction.
Cet appel n'attend pas l'autorisation. Il ne demande pas de permission, il propose un engagement. Il s'adresse à celles et ceux qui construisent, qui hébergent et qui décident. À celles et ceux pour qui le numérique n'est pas un marché à subir mais un pays à bâtir. L'élan du numérique français ne doit pas faiblir et ne faiblira pas. Rejoignez-nous.
Cinq combats, une même ambition.
Sélectionnez un combat pour le consulter en détail : son constat, notre engagement et les leviers concrets.
Souveraineté numérique
Décider chez nous des infrastructures, des données et des modèles dont dépend la nation.
Le constat
Une part décisive de nos services publics et de nos entreprises repose sur des fournisseurs extra-européens que rien ne nous oblige à choisir.
Notre engagement
Cartographier nos dépendances critiques et reconstruire, secteur par secteur, une capacité de décision souveraine.
Leviers
Communs numériques ouverts
Bâtir les briques fondatrices comme des communs ouverts, documentés, réutilisables.
Le constat
Nous réécrivons sans cesse les mêmes fondations, sous licence fermée, sans jamais les capitaliser collectivement.
Notre engagement
Financer et maintenir dans la durée des communs numériques de qualité industrielle, gouvernés ouvertement.
Leviers
IA ouverte et responsable
Des modèles transparents, auditables et frugaux, au service de l'intérêt général.
Le constat
Les modèles qui structurent l'information et le travail sont opaques, coûteux et hors de notre contrôle.
Notre engagement
Soutenir des modèles ouverts, évaluables et sobres, et former les compétences pour les opérer.
Leviers
Résilience
Concevoir des systèmes qui tiennent : redondants, réparables, sans point unique de défaillance.
Le constat
Une panne, une décision commerciale ou une rupture lointaine peut interrompre un service essentiel du jour au lendemain.
Notre engagement
Exiger la réversibilité, la portabilité et des plans de continuité pour tout système critique.
Leviers
Troisième voie numérique
Ni vassalité, ni repli : une voie française et européenne, ouverte et souveraine.
Le constat
On nous présente un faux choix : subir des plateformes dominantes, ou se couper du monde.
Notre engagement
Tracer une voie médiane, coopérative et européenne, ouverte par conception et souveraine par construction.
Leviers
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